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CARNET DE ROUTE
NUMERO 11 - Ahmedabad, Bombay, et Goa. |
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Comme nous l’imaginions,
Ahmedabad ne vaut pas vraiment le détour, nous nous
retrouvons dans le quartier des hôtels bon marché
et ne sortons de nos chambres que très peu tellement
le niveau de pollution et le bruit asphyxient les bronches
autant que le crâne…
Nous avons trois projets à étudier à
Ahmedabad, et toutes les personnalités que nous avions
identifiées ici se révèlent passionnantes
et chaleureuses. Anil Gupta est un professeur du prestigieux
Ahmedabad Institute of Management et est à l’origine
de la constitution d’une base de données de plus
de 30 000 idées pour les populations rurales. Ces inventions
ou ces pratiques sont toutes simples, peu coûteuses
et non nocives pour l’environnement… Elles doivent
juste être diffusées dans tout le pays, et c’est
l’objectif que s’est fixé l’équipe
d’Anil Gupta… Passionnant !
Ensuite nous rencontrons Mme Shukla à l’origine
d’une ONG qui a des programmes d’éducation
intéressants car ils reposent sur une approche «
Child to Child » qui donne à l’enfant le
rôle d’agent de changement dans le village dont
elle souhaite faire améliorer les pratiques d’hygiène.
Une autre femme dans cet état à majorité
musulmane mérite aussi pleinement de figurer parmi
nos 80 pionniers. Elaben Bhatt est la fondatrice du premier
syndicat des femmes « self-employed ». Fondé
en 1972, son syndicat a permis à plus de 700 000 femmes
de s’affranchir de conditions parfois proches de l’esclavage
en rejoignant les rangs de ce syndicat qui leur offre des
formations, se bat pour garantir les prix et offre même
les services d’une banque et des micro crédit…Tout
cela uniquement pour les femmes ! Un succès tel que
le Lonely Planet l’évoque dans son chapitre sur
la ville. Après trois jours intenses de rencontres
et de courses en Auto Rickshaws à travers toute la
ville, nous fuyons enfin cet enfer urbain pour découvrir
Bombay.
Capitale de l’Etat du Maharashtra mais surtout capitale
économique de l’Inde, Bombay est de loin la ville
la plus similaire aux villes européennes que nous ayons
vu pour l’instant. C’est aussi le centre de la
fabuleuse industrie cinématographique indienne qui
produit plus de films par an qu’Hollywood. Nous logeons
dans une authentique adresse de routard, une auberge tenue
par l’Armée du Salut, où nous côtoyons
des travellers de tous les continents. Nous sympathisons avec
un Anglais et un Australien qui nous emmènent boire
notre première bière depuis un mois le soir
même. Le Coréen qui fait aussi partie de notre
dortoir ne nous accompagne pas, il s’est mal remis de
sa dernière virée en compagnie de l’Anglais…
Bombay est vraiment une ville agréable, au climat adouci
par l’air marin de ses nombreuses plages. Nous déambulons
dans Crawford Market où l’on passe d’un
hangar où les échoppes proposent de multiples
sortes de fruits à celui des moutons ensanglantés…
Âmes sensibles s’abstenir.
Après quelques jours à Bombay, nous prenons
le train de nuit pour Goa, où les images de plages
désertes à l’ombre de forêts verdoyantes
de notre imaginaire vont enfin pouvoir être authentifiées.
À notre arrivée, il pleut. Mais comme toutes
les pluies en Inde, elle ne dure heureusement pas, et dès
notre arrivée à Vagator, dans le Nord de l’Etat,
nous découvrons un charmant village où de nombreux
restaurants, guest-house et boutiques d’artisanat ont
transformé la plupart des pécheurs goanais en
hôtes accueillants pour des touristes pas encore trop
nombreux.
Après deux jours agréables, au cours desquels
mon anniversaire est dignement fêté dans un restaurant
avec un magnifique gâteau surprise qui me vaut d’attirer
l’attention de toute la salle… Nous décidons
de découvrir Panaji, la capitale de l’Etat de
Goa, et sa sœur jumelle Old Goa. L’influence portugaise
et chrétienne dans ces deux villes est forte, et nous
ne sommes qu’à peine surpris de croiser de nombreuses
petites chapelles ou de découvrir une magnifique cathédrale
à Old Goa. Goa ressemble parfois à s’y
méprendre au Nord du Brésil… Étonnante
similitude au beau milieu d’un sous-continent à
majorité hindou.
Notre visite de l’Etat de Goa s’achève
en beauté par trois jours sur une des plages les plus
paradisiaques de l’Inde, Palolem. Une longue bande de
sable s’étend sur près d’un kilomètre
et demi, coincée entre une jungle de cocotiers et des
rochers bordant une mer plutôt tranquille. Au coucher
du Soleil, les couleurs que prennent les nuages sont tout
simplement étourdissantes. Et les quelques joueurs
de football qui courent sur le sable sont pris entre l’orange
rougissant du soleil couchant et le jaune lumineux que reflète
le nuage lui faisant face. Magique !
Après trois jours de farniente, logés dans une
« cocohutte » face à la plage, nous faisons
route, bien malgré nous vers le Sud… Où
d’autres merveilles naturelles nous attendent sûrement.
Mathieu
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