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Une
lueur d'espoir...
En 1980, l’ancienne Rhodésie du Sud obtient son
indépendance et devient officiellement le Zimbabwe.
Les premières années, l’économie
fait un bond en avant, les salaires augmentent et des programmes
d’éducation et de santé gratuits sont
créés. Cependant, l’optimisme et l’euphorie
s’évanouissent rapidement au profit d’un
régime socialiste corrompu, à parti unique,
et dirigé d’une main de fer par Robert Mugabe,
un des héros de la « libération ».
En 2000, devant l’opposition grandissante, Mugabe truque
les élections et pour affirmer son autorité,
impose une réforme agraire dont le but est de chasser
les fermiers blancs. Il confisque terres, bêtes et matériels
pour les redistribuer aux vétérans de la guerre,
noirs de peaux et pas fermier pour un sou.
Ce pays de 11 millions d’âmes, auparavant considéré
comme le grenier de l’Afrique Australe, sombre rapidement.
Les fermiers s’expatrient ou se font emprisonner (pour
les plus chanceux), les capitaux fuient et on estime le taux
de chômage à 70% de la population. L’inflation
atteint 600% et six personnes sur dix nécessiteront,
en 2004, une aide alimentaire. Dans ce climat morose, il nous
a été très difficile de trouver des initiatives
innovantes et synonymes d’espoir. Le Kufunda Learning
Village, fondé par une jeune femme dynamique de 31
ans, en est une et s’attache depuis 3 ans à construire
des communautés autosuffisantes.
Née d’un père Danois et d’une mère
Xona, Marianne Knuth passe les premières années
de sa vie à Harare, la capitale du Zimbabwe. Rentrée
au Danemark pour débuter ses études d’Economie
à l’Université de Copenhague, elle s’investit
dans l’Association des Etudiants Internationaux, l’AIESEC,
dont elle devient la présidente. Après un petit
tour par la finance internationale, elle conclue que le monde
des affaires n’est pas fait pour elle et créée
avec d’autres étudiants un mouvement appelé
« Pionniers de Changement ». « Le but était
de fédérer et supporter plus de 1.000 jeunes
acteurs sociaux, intervenant dans 70 pays ». Après
avoir dirigé ce mouvement pendant 3 ans, elle décide
de revenir à ses racines en réalisant un projet
qui lui tient à cœur depuis longtemps : fonder
un village modèle de développement durable et
aider les communautés zimbabwéennes à
être autosuffisantes.
Elle s’installe sur 30 hectares de terrain de la ferme
de sa mère, à quelques kilomètres au
sud d’Harare. Elle monte des programmes de formation
pour 5 communautés, qu’elle dispense plusieurs
fois par an, pendant 2 à 3 semaines. Elle y évoque
l’agriculture biologique (substituant ainsi les produits
chimiques coûteux au profit de fertilisants et engrais
naturels), la fabrication des produits basiques sur place
et à moindre coût et le retour à l’architecture
traditionnelle (sans ciment désormais trop cher). Elle
introduit des monnaies communautaires substitutives au dollar
zimbabwéen et réfléchit à des
moyens d’éduquer les enfants des plus pauvres
dans les foyers, car n’ont pas les moyens de payer les
frais de scolarité.
Parallèlement, elle expérimente, avec son équipe
de 8 volontaires, toutes ces pistes de solutions sur son terrain,
construit des habitations traditionnelles, des toilettes au
compost, un potager biologique pour apprendre et en faire
bénéficier les communautés. Elle nous
confie son souhait de « contribuer au rêve d’une
Afrique éveillée, forte et dynamique ».
Même si cette initiative est encore assez confidentielle
et que Marianne et son équipe ont encore un long chemin
à parcourir, le Kufunda Learning Village est, selon
nous, une belle lueur d’espoir dans un paysage très
sombre. Et c’est pour cela que nous souhaitions le mettre
en avant.
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