CARNET DE ROUTE NUMERO 6 Croatie - Serbie

 

Mardi 22 Juillet, nous partons pour la Croatie. Première étape de notre périple dans ce qu’on dit être un des plus beaux pays d’Europe : l’Istrie. Nous nous arrêtons à Rovinj, splendide petite ville au bord de l’eau, où nous attendent deux de mes amis d’enfance, Xavier et Elena.

Arrivés de nuit au camping où nous nous étions fixé rendez-vous, nous scrutons tentes et voitures à leur recherche. Pas d’immatriculation dans le Calvados ni de traces de campement normand. Après 25 minutes de recherche infructueuse, sans lumières ni repères, une voix m’interpelle : « Sylvain ?? ». Ce n’est autre que Xavier, nous ayant reconnu grâce aux phares de Cocotte, notre voiture…

Nous passons deux jours à lézarder au soleil en ponctuant notre « rôtissage » par des baignades à la recherche d’oursins, très nombreux sur les côtes de la mer Adriatique. La mer est chaude, l’eau est turquoise, le soleil est au rendez-vous, le bonheur !!

Nous partons une après-midi visiter Rovinj et ses ruelles étroites de style Italien. Au moment de reprendre la voiture au port, nous rencontrons Lion, un nomade Suisse qui s’est fait dévaliser pendant la nuit. Il n’a plus rien et doit se rendre à Trieste en stop pour rentrer demain à Genève. Nous lui proposons de l’emmener sur la route principale, distante d’une vingtaine de kilomètres et il accepte avec joie. Pendant le trajet, il nous explique qu’il est artiste sculpteur et qu’il est en Croatie pour participer en tant que donateur d’une de ses œuvres, à une vente de charité. Lorsqu’il sort de la voiture, nous restons pensifs : il n’a rien, vit dans la gare de Genève mais trouve quand même le moyen de donner le peu qu’il a pour faire le bien, une très belle rencontre riche en apprentissage !!
Ensuite, nous partons pour 2 jours à Plitvice, un parc national à la frontière avec la Bosnie. Celui-ci abrite 7 magnifiques lacs turquoise au milieu d’une forêt très dense. C’est un plaisir de s’y promener, en slalomant entre les étendues d’eau et les cascades plus magnifiques les unes que les autres. Un grand plaisir pour les yeux mais pas pour les pieds, il est interdit de s’y baigner !!

Dernier volet de nos 8 jours en Croatie, nous avons fixé rendez-vous avec Ticou, mon ami de Slovénie (voir le carnet sur la Slovénie) à Cres, la plus grande île Croate. Située à 300 kilomètres de chez lui, c’est son île préférée et il souhaite nous la faire découvrir pour le week-end. À peine débarqués du bac reliant le continent à Cres, nous filons à Valun pour y contempler le coucher de soleil.

Le week-end se passe entre visites des petites bourgades de l’île, baignades encore à la recherche d’oursins (cette fois-ci très amateur de mes pieds et mains), petits restaurants de poissons et nuits à la belle étoile : que demander de plus ? Malheureusement, tout a une fin. Nous nous résignons à quitter Cres pour continuer notre route vers la Serbie, certes moins sexy, mais où un autre de mes amis d’école, David, nous attend.

Premier pays depuis le début à laisser une trace dans notre passeport, la Serbie est aussi notre premier pays à alphabet différent. Pas de doute, le cyrillique ne nous aide pas à nous diriger dans un Belgrade encore marqué par la guerre. Sur la route de notre rendez-vous avec David, nous apercevons en face de l’ambassade des Etats-Unis un immeuble d’une dizaine d’étages partiellement détruits par les bombardements : aucune barrière de sécurité n’est là pour prévenir les chutes de monceaux de bétons, pourtant sur le point de tomber !!

David habite à deux pas de l’Ambassade de France et c’est sans se poser de questions que nous nous garons sur une place « Réservée Ambassade ». Le lendemain, nous passons la journée à déambuler dans le vieux Belgrade, aidé par le seul guide touristique de la ville disponible en librairie. Pendant que nous arpentons les rues à la recherche de monuments et d’anecdotes sur l’histoire de la ville, nous nous rendons compte que notre présence ne passe pas inaperçue. Chaque Serbe que nous croisons nous dévisage, sans doute surpris de voir un touriste modèle pris sur le fait, guide en main et appareil photo en bandoulière… les touristes à Belgrade, ça ne court vraiment pas les rues.

De retour chez David, nous nous rendons compte que cocotte a disparu !! Vol, fourrière, fourrière, vol ?? Nous ne tardons pas à savoir puisque suite à un coup de fil de David à la fourrière, nous apprenons que c’est l’Ambassade de France qui nous dénoncé à 3 reprises, vraiment pas sympa entre concitoyens !!

Un peu aigri par l’amende que nous avons du payer, nous complétons notre aperçu historique de l’ex-Yougoslavie en dînant avec David et sa petite amie Serbe Marina dans un restaurant situé à deux pas du lieu où 6 mois auparavant, le Premier Ministre Serbe Zoran Djindjic s’est fait tué par un sniper : Bon Appétit !!

La soirée est passionnante car Marina nous explique en détail les causes, le commencement, les principaux événements et enfin le dénouement du conflit en ex-Yougoslavie. Encore un exemple de ce à quoi l’intolérance et le fanatisme peuvent mener, et ceci à 2.000 Kilomètres de chez nous. Elle conclut la soirée en nous disant que quelques années plus tard, les tensions, quoique de moindre importance à l’intérieur du nouvel Etat Serbe, n’ont pas disparu et que cela va prendre de longues années avant d’arriver à une vraie tolérance entre les ethnies…

Très intéressé par cette période de l’histoire des Balkans, j’en profiterai le lendemain pour me faire prêter un livre sur la chute de la Yougoslavie, à entamer dès que possible sur la route qui nous mène ce jeudi à Sofia, la capitale de la Bulgarie.

Merci David et Marina et à bientôt !!

Sylvain

 

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