CARNET DE ROUTE NUMERO 5 Suisse - Italie - Slovénie

 

Après l’Allemagne, nous revenons quelques jours près de nos terres, avec un retour le temps d’une journée en France sur le lac du Bourget. Après un mois de déchiffrage pénible des panneaux de signalisation, nous éprouvons un certain plaisir à pouvoir lire tout en français. C’est idiot, mais cela nous fait sourire… Mais c’est vrai que c’est idiot.

Notre passage en Suisse n’était, vous vous en doutez, pas forcément une des destinations premières par lesquelles nous rêvions de passer… Mais sur les questions de développement durable, et en particulier d’écologie industrielle, certains experts font ici l’unanimité et cela aurait été dommage de passer si près sans les rencontrer, alors en route pour la Suisse !

Nous n’y passerons que trois jours, chez mon cousin Nicolas qui a emménagé à Gland avec sa femme et ses trois enfants. Passionné de généalogie, Nicolas me transmet mon arbre généalogique et me raconte quelques légendes familiales que j’ignorais. Il m’apprend notamment que mon arrière grand père que j’ai connu tout petit, avait participé dans les années 20 au Rallye de Monte-Carlo. Je comprends alors très vite d’où me vient ce sens de la route que Cocotte apprécie tant. Nos entretiens se passent très bien, nous rencontrons des personnalités aux origines culturelles extrêmement variées, aux réflexions théoriques très fouillées, avec un sens de la prudence envers l’avenir tout helvétique.

Nous décidons de relier Genève à la Slovénie d’une seule traite. Nous traversons donc tout le Nord Italien sans prendre le temps de nous y arrêter. Sauf pour prendre un auto-stoppeur juste avant la frontière, un jeune tchèque amateur de reggae, dreadlocks vissées dans le crâne, avec pour seul bagage un sac contenant un djembé d’un mètre de haut. Évidemment, une voiture jaune repeinte avec un sens esthétique douteux, avec trois jeunes dont Barbe Rousse et Bob Marley…. Nous restons 30 minutes à la douane à nous faire fouiller. J’ai du mal à ne pas rire lorsque le consciencieux douanier est obligé de fouiller mon linge qui commence à nécessiter un urgent lavage. Ils ne trouvèrent évidemment rien même si certaines odeurs pouvaient laisser penser à la présence d’armes chimiques. Nous repartons avec notre ami Tchéco Jamaïcain tout heureux d’avoir enfin réussi à passer cette douane après 5 heures d’attente en auto-stop.

Pendant tout le tronçon italien, l’auto radio est à plein volume, mais nous n’écoutons que les animateurs. L’italien est vraiment une langue que nous adorons et sa mélodie vaut toutes les chansons du monde. Je repense à ma grand-mère qui, au cours d’un cocktail où elle discutait avec un supérieur de son mari, avait répondu à la question :
« -Un poste d’attaché naval s’est ouvert à Naples, votre mari a-t-il quelques notions d’Italien ?
- Michel ? Il est parfaitement bilingue ! »
Mon grand-père n’en parlait pas un mot, mais un poste à Naples valait bien un petit mensonge et la méthode Assimil fut d’un grand secours. L’Italie a donc une place de choix dans le livre des légendes familiales et je reste persuadé que je devrai y vivre un jour. J’attends ce moment avec impatience.

Après avoir longé Venise sans nous y arrêter, nous nous sommes juré de n’y retourner que bien accompagné, nous passons la frontière slovène sans encombre. Le douanier nous demande avec un air méfiant si nous sommes allemands…La réponse fait apparaître sur lui un large sourire et il nous dit de passer d’un air complice. La seconde guerre a, semble-t-il, encore ici laissé des traces que la chape de plomb communiste a dû étouffer sans cicatriser.

Nous rejoignons la maison de François-Xavier, camarade de promo de Sylvain, surnommé Ticou, qui se situe à Portoroz, une des rares stations balnéaires des 10 maigres kilomètres de la côte slovène. Notre arrivée au milieu de la nuit, plus tôt que prévu, est dignement saluée par ticou et David, un ami de passage, que nous retrouverons en Serbie.

Le week-end que nous passons à Portoroz est fort agréable. Après quelques descentes à la plage bondée où nous commençons un bronzage, que le mois de voyage en Europe du Nord n’avait pas réellement entamé. Coups de soleil assurés ! Surtout après la journée de dimanche où nous cabotons sur un voilier loué de criques en criques le long de la côte. Journée ensoleillée avec juste assez de vent pour nous pousser…Pas très loin du bonheur ce jour-là.

Le lendemain est consacré à la visite d’une ville au plus pur style vénitien, Piran. Cette cité tricentenaire domine toute la côte et l’enchevêtrement de ses rues manque de nous perdre plus d’une fois. Alors que la chaleur est pesante, il fait une douce fraîcheur dans ces ruelles aux maisons rapprochées. Il règne dans ce village une ambiance bonne enfant de vacances familiales. Les couleurs que donne à voir la luminosité de cette fin d’après-midi sont superbes. Ce village aquarelle méritait vraiment le détour.

Nous devons désormais rejoindre d’autres amis de Sylvain en Croatie, dans un camping, nous arriverons au milieu de la nuit, les recherches risquent d’être cocasse… À bientôt !

Mathieu

 

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