CARNET DE ROUTE NUMERO 4 Allemagne

 

Après que cocotte a avalée plus de 1.000 kilomètres en une longue journée, nous arrivons à Berlin, exténué et encore sous le charme de la Scandinavie. Notre escale ici nous mènera à interviewer Peter Eigen, le fondateur de la plus grande Organisation non Gouvernementale de lutte contre la Corruption. Notre hôte pour les 3 jours qui viennent est un de mes amis d’enfance allemands : Dirk.
Nous arrivons par le Nord et nous rendons directement dans le quartier de Prenzlauer Berg, du côté Est de Berlin. Après avoir tourné pendant 10 minutes dans la rue, nous comprenons que la numérotation n’est pas la même qu’en France : d’un côté les immeubles se suivent par ordre croissant et de l’autre par ordre décroissant et évidemment, sans tenir compte du pair/impair. Un des nombreux héritages laissés par le Communisme…

Un autre héritage semblant tout droit descendre de l’après-guerre est l’immeuble de Dirk !! Situé dans une rue plutôt large, au milieu d’immeubles colorés et parfaitement rénovés, celui-ci est totalement délabré et on y observe même de nombreux impact de balles. A peine arrivés, Dirk nous en explique l’histoire.

Après la 2ème Guerre Mondiale, tout les immeubles ont été nationalisés car aucune propriété privée n’était tolérée dans ce qui allait devenir la République Démocratique d’Allemagne. 40 années passent et les immeubles ne sont pas rénovés par faute de moyens. A la chute du Mur en 1989, les nouvelles autorités décidèrent de rendre ces immeubles à leurs propriétaires d’avant guerre. Le problème est que les propriétaires de cet immeuble étaient Juifs et qu’aucun n’a survécu aux camps de concentrations. Des recherches sont alors menées pour retrouver les descendants ou parents et celles-ci n’aboutissent que 12 ans après sur des liens avec une famille établie au Brésil qui n’avait aucune connaissance de ce patrimoine !! Depuis lors, l’immeuble a été revendu et le nouveau propriétaire compte bien le rénover… Nous qui voulions en savoir plus sur l’histoire de Berlin, nous sommes servis : nous voici dans un des derniers immeubles intacts de l’époque communiste !!

Le lendemain, après notre interview, nous décidons d’arpenter les rues de Berlin-Est. En une après-midi, nous visitons tels des touristes moyens la porte de Brandenburg, le Reichstag, l’avenue Unter den Linden, l’Alexanderplatz et la Potsdamerplatz. Le soir même, nous sommes invités par Dirk et un de ses amis à un concert particulier : la seule représentation donnée en Allemagne d’un parolier Américain selon eux assez célèbre et brillant : Daniel Johnston. Dès les premières notes, nous comprenons pourquoi il ne se produit qu’une fois en Allemagne : il joue de la guitare comme moi de la harpe et ses paroles sont dignes d’un dialogue de mauvais polar allemand !!! Pour vous montrer le niveau, il conclue son spectacle par un « Merci l’Allemagne, je suis un très grand fan de la 2ème Guerre Mondiale », effarant !!

Puis, le lendemain, nous avons rendez-vous avec Christiane & Mark, d’autres amis d’enfance allemands pour le déjeuner. Ils sont là depuis 2 jours et sachant que nous avons un autre rendez-vous le lendemain matin dans la région de Cologne où ils habitent, ils nous invitent pour le dîner… Après 6 heures de route, nous arrivons et nous mettons à table. Mark est exprès aller acheter des bières locales : des Kölnisch (les Allemands et la Bière, décidemment, ce n’est pas une légende…) et nous les sirotons en évoquant nos souvenirs d’enfance…

Le vendredi soir, nous arrivons à Munich ou nous comptons passer le WE chez ma sœur Sabine, son mari Claas et leur petite fille Clara. Après avoir bien fêté nos retrouvailles et la rencontre de Clara avec notre nain de Jardin Roland, nous partons visiter le centre de Munich le Samedi matin. Au programme : la Frauenkirche, le ViktualienMarkt, l’IsarTor et la Marienplatz où se réunissent ce matin tous les homosexuels bavarois !!

Après avoir ingurgité une Weisswurst, une des spécialités culinaires de Bavière, l’après-midi est consacrée à la visite de Neuschwanstein, le dernier château construit par Louis II de Bavière, le roi fou. Perché sur une montagne surplombant la vallée, ce monument est vraiment digne d’un parc d’attractions pour enfants : la preuve c’est le château qui a inspiré les dessins de la « Belle aux Bois Dormants » !!

Le lendemain, nous devons déjà repartir vers la Suisse. Pour la première fois, nous ne sommes pas impatients de découvrir un autre pays. Je quitte les derniers membres de ma famille dont la petite Clara que je ne vais pas voir pendant 1 an, nous allons nous diriger pour la dernière fois vers l’Ouest et reparler Français, ce qui casse un peu le charme du voyage. Mais de bonnes initiatives de Développement Durable et, nous l’espérons, de bonnes interviews nous y attendent…

Sylvain

 

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