CARNET DE ROUTE NUMERO 27 - Les pays en Z : Zambie, Tanzanie & Zanzibar...

 

Carnet de Route du 10 Juin au 31 Juillet - À peine la frontière passée, nous sommes pris en charge par Tertius et sa femme Erika, des amis de Willem & Deleen, nos hôtes dans la ferme Zimbabwéenne. Ils habitent une petite maison confortable sur le Zambèze, à 30 kilomètres en amont des chutes Victoria. Ils sont eux aussi fermiers producteurs de lait et nous nous sentons vite à l’aise au beau milieu de leurs 4 chiens et 7 chats !! Chaque soir, les cris des rhinocéros nageants à quelques mètres de nous accompagnent le superbe coucher de soleil, une atmosphère reposante et sauvage que seule l’Afrique peut offrir…

Nous visitons un jour les somptueuses chutes découvertes par David Livingstone, un jour le Parc National de Mosi-oa-Tunya (dans lequel un éléphant et une girafe nous ont tour à tour attaqués !!). Nous gardons le meilleur pour la fin et cassons notre tirelire pour vivre dangereusement (NB : nous sommes de vrais aventuriers, oui ou non ?). Demain, nous irons gentiment dévaler en Rafting les 14 kilomètres du mythique, mais méchant Zambèze. Et ce qui devait arriver arriva. Mathieu à l’eau après le premier mini-rapide (vous pouvez allégrement le chambrer, sa prestation était franchement minable !!), le raft retourné 2 fois, lui et moi sauvés par le kayak de sécurité, un co-matelot anglais quasi-noyé, bref une chouette journée « Produits Laitiers ».

La suite de notre programme nous mène à Lusaka où nous attend, quelques heures après notre arrivée, le TAZARA, le train reliant la Zambie à la Tanzanie. Pendant 48 heures, nous traversons de nombreuses réserves d’animaux et apercevons, au petit-déjeuner, girafes et zèbres s’enfuyant sur notre passage : Magique !! À bord du train, nous faisons connaissance avec Chris, un anthropologue Américain, ancien Peace Corps. tombé amoureux de la Zambie. Nous découvrons grâce à lui la complexité des relations à l’intérieur des tribus et les tristes perspectives des pêcheurs du Lac Tanganyika devant l’appauvrissement des ressources halieutiques, son objet d’étude pour les 2 ans qui viennent.

Arrivés à Dar es-Salaam, nous sommes surpris par la différence avec ce que nous avons observé jusqu’ici en Afrique. Beaucoup plus d’hindous ou de musulmans, des femmes voilées ou en Sari, une cuisine riche et épicée, et le rythme envoûtant des prières cinq fois par jour, bienvenu en Afrique de l’Est !!

Le choc est encore plus grand lorsque nous débarquons quelques heures plus tard sur l’île de Zanzibar, non sans s’être fait sur le bateau 3 amis Français, en vacances par ici. Cette ancienne Ile aux Esclaves contrôlée tour à tour par Oman, les Britanniques et les Portugais est aujourd’hui à 95% musulmane. Véritable paradis pour les plongeurs, nous décidons encore d’utiliser nos économies (on se serre la ceinture sur des petits montants pour pouvoir ensuite mieux craquer, c’est plus drôle) pour aller plonger autour d’un naufrage. Situé à 30 mètres de fond, nous restons 1/4 d’heure à contempler cette coque de noix de 20 mètres de long, pleine de vie aquatique. Nous apercevons une raie, quelques « lion-fish » dont nous n’arrivons pas à trouver la traduction et manquons de peu les tortues, normalement au rendez-vous.

Le lendemain, nous partons en compagnie de Nicolas, Gregory & Pierre visiter l’île en scooter. Au bout de quelques centaines de mètres sur une route glissante, Mathieu pile brusquement et tombe. Le suivant à quelques encablures, je pile du frein avant et me ramasse aussi sur le goudron fumant. Bilan, une petite luxation au poignet, une carrosserie rayée des palabres interminables avec la police locale, avide de pots-de-vin. Les deux jours suivant sont rythmés par des visites de fermes d’épices et de villages reculés dans des paysages luxuriants, une nuit à la belle étoile sur une plage déserte, des rencontres de pêcheurs locaux et des jeux avec leurs enfants curieux.

Nous filons ensuite dans le Nord du pays, sur les flancs du Kilimandjaro pour interviewer un de nos pionniers. Sebastian Chuwa, un botaniste Tanzanien qui lutte pour la préservation de l’arbre National, le Mpingo (l’Ebène Africain). Utilisé comme matière première pour les sculptures locales ou pour la fabrication d’instruments de musique en Europe et aux Etats-Unis, cet arbre, qui met plus de 30 ans à être mature, est en danger. Pour y remédier, Sebastian monte des « fermes arboricoles » et offre aux communautés locales des pousses de ce bois précieux. Son pari : sensibiliser et éduquer au lieu d’interdire la coupe, synonyme de revenus conséquents pour des milliers de familles locales. Il lutte ainsi contre la déforestation (il a planté plus de 1 million d’arbres depuis 10 ans) de manière réfléchie et réussie !!

Notre quittons la Tanzanie par Arusha, le point de rendez-vous des amateurs de safaris. Nous y rencontrons Pascal, un de mes amis, grand montagnard et qui pars le lendemain grimper les cimes du Kilimandjaro. De notre côté, nous nous réservons pour le Mt Kenya, un peu moins haut mais beaucoup moins cher !!

Sylvain

 

Carnet précedent

 

Carnet Suivant