CARNET DE ROUTE NUMERO 25 - L'Afrique du Sud, pays Arc-en-Ciel...

 

Carnet de Route du 2 au 18 Juin – Dernier continent à parcourir pendant ces 2 mois et demi, l’Afrique possède ce petit quelque chose qui, dès l’enfance, vous fait rêver. Grandes étendues, ciel bleu à perte de vue, animaux féroces, savanes couleur ocre, déserts brûlants et sourires accueillants peuplent nos rêves à l’atterrissage de notre avion à Johannesburg. Mon père et un de ses amis prénommé Gilles (le père de Cocotte, la ZX avec laquelle nous avons roulé en Europe) nous attendent à la sortie de l’aéroport, excités comme des gosses.

Première impression de l’Afrique : il y fait terriblement froid !!! Nous arrivons au beau milieu de l’Automne et le thermomètre peine à atteindre les 10 degrés en pleine journée. Première étape de notre périple, nous filons vers la région du Mpumalanga, connue pour ses superbes étendues de forêts verdoyantes et ses lacs peuplés de pêcheurs à la mouche. Ballades à cheval près de Sabie, randonnées à la recherche de cascades, dégustation de Trut (la truite locale) sous toutes ses formes et grande compét’ de bellottes nocturnes rythment notre quotidien. Nous ponctuons cette petite semaine passée dans des paysages dignes des forêts Landaises par une visite du Blyde River Canyon, un majestueux relief escarpé, taillé par des millénaires d’érosion.

Prochaine étape, nous devons rallier Durban sur l’Océan Indien en traversant un nouveau pays, le Swaziland !! Royaume tranquille d’à peine un million d’âmes, le Swaziland est encastré entre 2 géants, l’Afrique du Sud et le Mozambique. Exploit de la journée, nous sommes arrêtés pour excès de vitesse et malgré d’âpres négociations, nous nous en tirerons avec une amende de 100 Lilangeni, à peu de chose près une quinzaine d’Euros !!

Le lendemain est consacré à la visite du Parc Naturel d’Umfolozi, le deuxième plus grand d’Afrique du Sud et qui renferme, sur plus de 24000 hectares, la majeure partie des animaux d’Afrique Australe. Nous avons une chance folle puisque autre les d’impalas, gnous, antilopes, phacochères et zèbres, nous croisons pendant la journée de superbes girafes, un crocodile, une famille d’hippos, un rhinocéros blanc et même deux éléphants buvant et s’aspergeant l’un l’autre près d’une marre à moitié sèche. Ravis, heureux et satisfaits, nous filons vers la sortie du parc avant le coucher de soleil quand mon animal préféré, le féroce, le très rare, le superbe et rapide léopard se dresse, à une quarantaine de mètre de nous, derrière une butte. Tapis là sans doute à l’affût d’une proie facile, nous restons plus de trois quart d’heure à contempler ce somptueux fauve dont ne voyons dépasser que les oreilles ou la gueule endormie, moment magique !!

De Durban, nous suivons pendant 3 jours la Garden Route pour rejoindre Cape Town. Nous interviewons une de nos pionnières à Knysna, havre de paix donnant sur l’Océan Indien infesté de requins. Beverley Moodie, la cinquantaine pétillante, tente depuis 10 ans de développer la prise d’initiative et les créations de petites entreprises dans les communautés noires, marquées par des décennies d’apartheid et de chômage. Elle a conseillé, formé et aidé plus de 5.000 couturières, boulangers, vendeurs de rues ou électriciens pour qu’avec un capital de départ minime, ils se mettent à leur compte et cassent d’eux-mêmes le cercle infernal pauvreté/endettement /assistanat. 5 ans après, plus de 80% d’entre eux sont encore en activité et certains ont connu un succès fulgurant !!

Nous consacrons ensuite 5 jours à la visite de la région du Cap. Nous tombons sous le charme de cette capitale dynamique, de son superbe front de mer, et de son centre ville historique. Nous visitons le musée du District 6, quartier noir particulièrement persécuté sous l’apartheid. Le guide natif de là nous explique son admiration pour Nelson Mandela, qui après avoir été jeté en prison pendant 27 années a su transformer ce qui aurait dû être de la haine en une vision politique sage et a même de construire la nouvelle Afrique du Sud, la nation arc-en-ciel. Nous confirmons aussi notre première impression qui est que, même si l’Apartheid politique a été officiellement aboli en 1994, un fort apartheid économique sévi encore entre les communautés blanches, noires et « coloured » (principalement les immigrés indiens et « métisses »). Le chemin est encore long, mais le discours entendu pendant ces 15 jours est plein d’espoir…

Nous filons ensuite au Cap de Bonne-Espérance, un des 3 mythiques Caps que doivent franchir les marins pour boucler leur tour du monde. Nous expérimentons pour la première fois la sensation d’être au bout du monde, et dorénavant, en remontant vers le Kenya, nous ne cesserons de nous approcher de notre destination finale, la France !! Avant de quitter les 2 Gillous à l’aéroport, nous profitons de notre dernière journée à 4 pour goûter les nectars de raisins sud-africains, sur la route de vins de Stellenbosch. Merlots, Shiraz, Pinots et Cabernets Sauvignon se succèdent au grand bonheur de notre palais…

Enfin, après être remonté à Johannesburg pour rejoindre le Botswana, notre prochaine destination, nous interviewons pour le projet Garth Japhet, ancien médecin à Soweto et fondateur de Soul City, une véritable success-story à l’échelle de l’Afrique Australe. Présent dans plus de 9 pays, Garth et ses équipes font de la sensibilisation et de la prévention aux grands enjeux sanitaires via des programmes télé (sortes de sitcoms), radios et des livrets distribués par la presse. Traitant autant de l’Asthme que du Paludisme ou du Sida, il touche désormais plus de 80% de la population et ses sitcoms sont les plus suivis à la télévision sud-africaine. Plus que des milliers d’affiches ou de grandes campagnes nationales, Garth a trouvé le moyen de parler vrai à ses « auditeurs-lecteurs-téléspectateurs » grâce un discours jeune et non-moralisateur. Ceux-ci utilisent par exemple plus souvent les préservatifs que la moyenne nationale, luttant ainsi efficacement contre la pandémie du Sida qui touche plus d’une personne sur quatre en Afrique Australe.

L’Afrique du Sud est pour nous une très bonne introduction aux complexes problématiques auxquelles doit faire face le continent dans son ensemble. Et c’est grâce à des rencontres de ce type, avec des personnalités brillantes, volontaires et efficaces que l’on garde espoir en sa capacité à surmonter ses maux.

Maintenant, à nous le Botswana !!

Sylvain

 

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