CARNET DE ROUTE NUMERO 24 - Brésil, le vrai retour !!

 

Carnet de Route du 10 au 31 Mai – Retour au Brésil que nous connaissons…Notre vrai retour au Brésil n’a pas eu lieu lors du passage de la frontière avec le Venezuela mais bien lors de notre arrivée à Sao Paulo où tous nos amis nous attendent, où Fernanda, ma petite amie, si courageuse et patiente cette année, va nous accueillir. L’anniversaire surprise des trente ans d’un ami, Alexandre, surnommé affectueusement Papy, nous donnent l’occasion de revoir tout le monde et nous laisse cette impression habituelle des retrouvailles de s’être quittés la veille. La fête est animée, Papy est doublement surpris de voir tout ce monde et de voir nos deux bouilles ravies qu’il n’attendait pas dans la capitale brésilienne avant deux mois.

Quelques jours plus tard, Sabrina, Marine et Thibault, des amis, débarquent à Sao Paulo pour nous accompagner pendant 15 jours. Première étape, Ilha Bella, île au large de Sao Sebastiao sur la côte paulista. L’île est plutôt déserte en cette période de l’année ce qui nous assure une parfaite intimité sur des plages superbes… En fait d’intimité, nous sommes rapidement submergés par une horde de « burachudos » sorte de moustiques un peu plus voraces, ayant la fâcheuse habitude de laisser des cicatrices visibles…

Après quelques jours agréables, malgré les démangeaisons, sur l’île, nous rejoignons Paraty, une des plus vieilles cités coloniales du Brésil. Cette vieille ville a un charme fou, de nombreuses demeures, la plupart reconverties en « pousadas » accueillent des touristes brésiliens comme étrangers dans une ambiance paisible. Les rues sont pavées et la somptueuse baie alentour, aux milliers de petites îles éparpillées nous permet de profiter d’une journée en bateau fort agréable à se dorer la pilule tout en observant la faune marine.

Notre route se poursuit ensuite vers Rio. Lorsque nous vivions au Brésil, Sylvain et moi ne tenions pas plus d’un mois sans faire un saut dans cette somptueuse ville. La première étape de tout nouvel arrivant dans la ville est de monter au Corcovado au pied du Christ Rédempteur, c’est le meilleur moyen de mesurer l’exceptionnel décor géographique dans lequel les Portugais ont débarqué le 1er Janvier 1501. On peut voir à 360 degrés la merveilleuse succession de petits lacs, de plages, de montagnes en forme de pain de sucre et de baies qui jalonnent la ville. Tout cela est dominé par la grandeur bienveillante du Christ qui veille sur « sa » ville, comme l’assurent les cariocas.

Nos soirées à Rio sont festives, nous faisons découvrir à nos amis français les merveilles de la restauration brésilienne, les fameuses « churrascarias » qui proposent une formule de dégustation de viandes à volonté. On est vite envoûté par un ballet incessant de serveurs tournoyant autour de nos tables en proposant des viandes aussi délicieuses que variées, et pour un prix largement raisonnable.

Pour le projet, nous interviewons Rodrigo Baggio, un entrepreneur social hors du commun, à la tête d’un réseau de près de 800 écoles d’informatique et de citoyenneté qui agissent dans les favelas d’Amérique Latine. Son modèle est simple, ses contacts dans le secteur informatique lui permettent de récupérer du vieux matériel informatique qu’il offre à des organisations locales, paroisses, coopératives, petites ONG, pour monter des écoles. Ces écoles sont de vrais petits business car les élèves payent une cotisation qui permet d’embaucher 2 animateurs. L’informatique est surtout un moyen d’attirer les jeunes pour traiter de problèmes plus sérieux comme la sexualité, la drogue ou la violence. Ils apprennent à maîtriser l’outil en lançant des campagnes, en éditant des journaux ou en réalisant des affiches sur les thèmes qui les touchent, avec leur mot à eux. Rodrigo n’a qu’une trentaine d’années et encore beaucoup d’énergie à revendre, tant mieux !

Après un passage bien agréable à Rio, malgré un temps décevant, nous retournons pour quelques jours à Sao Paulo pour y passer notre dernière semaine. La séparation s’annonce difficile car, après notre année passée ici, nous savions que nous repasserions pendant le tour du monde, mais dorénavant aucune date de retrouvaille, même lointaine ne vient soulager notre tristesse.
Nous quittons Sao Paulo le cœur gros, avec le sentiment d’entamer la fin de notre long périple, l’Afrique nous ouvre les bras pour nous réconforter…

À bientôt !

Mathieu

 

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