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CARNET DE ROUTE
NUMERO 15 - Le Cambodge, Angkor et Angkor... |
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Après un séjour
époustouflant au Laos, notre route se poursuit vers
un autre pays dont l’histoire est liée à
la France, le Cambodge. Pour atteindre Siem Reap, la ville
du somptueux temple d’Angkor, nous retraversons en train
puis en bus la Thaïlande. La frontière thaïlandaise
khmer est un vrai choc. On s’attend à passer
d’un monde riche et développé à
un monde pauvre et démuni, mais la première
impression est amère. En effet, juste après
le poste frontière se sont agglutinés des casinos
luxueux qui accueillent les riches thaïlandais en mal
de sensations fortes. Ce luxe contraste avec ce que l’on
découvre un peu plus loin, le Cambodge plus conforme
à ce qu’il est dans le reste du pays, avec ses
routes défoncées et sa misère omniprésente.
Notre premier trajet au Cambodge est épique, par souci
d’économie autant que pour l’aventure nous
nous engageons sur la route qui mène à Angkor
dans un pick-up où viendront nous rejoindre plus de
15 personnes (uniquement à l’arrière !),
un chien et une poule. Nous sommes assis sur nos sacs qui
sont eux-mêmes posés sur un tas de corossols
et de noix de coco… Le tout sent fortement le poisson,
petit souvenir laissé par l’ancienne cargaison…
Dans les rires, la poussière et les secousses qui manquent
parfois de nous envoyer dans le fossé, nous arrivons
sains et saufs à Siem Reap après 7 heures d’un
voyage qui rentre dans le top 3 de nos trajets les plus pittoresques.
A Siem Reap, nous retrouvons un ami français, Brice,
venu nous rejoindre pour visiter cette partie du monde avec
nous. Avec lui, nous décidons d’attaquer les
temples d’Angkor. « Attaquer » est bien
le mot tant ces vestiges sont imposants, les temples s’étalent
sur une superficie grande comme Paris intra-muros et il faut
deux jours à moto pour en visiter l’essentiel
au prix de beaucoup d’impasses. Les temples les plus
importants ont été habilement restaurés
par une kyrielle d’organisations de pays développés
ayant prêtée main-forte pour restaurer ce chef
d’œuvre classé au patrimoine mondial par
l’Unesco. Comme tous les temples n’ont pas encore
été restaurés, de nombreux se visitent
en vous laissant une impression sans doute proche de celle
des archéologues les ayant redécouvert au siècle
dernier. Des arbres centenaires ont poussé au milieu
des colonnades, leurs racines dévastant lentement les
sous-bassements de murs de plusieurs mètres d’épaisseur.
Dans les temples les moins restaurés, on constate qu’il
ne faut pas longtemps à la Nature pour « reprendre
ses droits » et détruire petit à petit
ce que l’homme s’est donné tant de mal
à construire.
Après Siem Reap, nous prenons un bateau qui nous mène
à Battambang, c’est autant le voyage que la destination
qui vaut ce détour. La longue embarcation voguant au
milieu des rizières et des habitations sur pilotis
des pêcheurs khmers. Les 6 heures passent à toute
allure, on en prend plein les yeux.
Nous rejoignons ensuite Pnom Penh la capitale qui est bien
plus « développée » vu le nombre
de Land Rovers et l’état des routes que nous
observons dans la ville. Nous sommes accueillis par Sandy
et Julien, des amis qui travaillent respectivement dans une
ONG de micro assurance et à l’ONU sur les programmes
de déminage. Grâce à eux, nous découvrons
le Cambodge avec le recul de ceux qui y vivent et leurs récits
expliquent une nouvelle fois l’impasse du développement
cambodgien par les mêmes maux rencontrés ailleurs,
la corruption et l’assistanat généralisé…
Beaucoup d’ONG présentes font un travail remarquable
mais la solution durable reste dans les mains des cambodgiens
et surtout de leurs élites qui n’ont pas l’air
d’avoir envie de changer grand chose.
Nous continuons à découvrir ce magnifique pays
en parcourant les routes du Sud qui mènent à
Kep et à Sihanoukville en moto. Grâce à
la moto, nous parcourons des régions isolées
et avons l’occasion de voir le Cambodge rural qui semble
si éloigné de l’image de Pnom Penh. Un
accident de moto de Brice et de nombreuses éraflures
nous ferons découvrir la gentillesse du peuple khmer,
à chacun de nos arrêts, on lui proposera de le
soigner. Le sourire est difficile à garder lors de
la désinfection des plaies à l’alcool…Rien
de trop grave fort heureusement.
Après deux semaines passionnantes, nous rentrons au
Vietnam où je vais enfin pouvoir retrouver les traces
de la Saigon où mes grands parents se sont rencontrés…
Cela a dû quelque peu changé en 70 ans…
Mathieu
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