Tang
Xiaoli - Pekin (Chine) - 14 Janvier 2004
Du Bambou dans les maisons
Chinoises...
Tang
est une activiste passionnée, brûlante à l’idée
de mettre en pratique les grandes idées du Développement Durable.
Elle naît à Shanghai et suit des études d’ingénieur
électrique à Changsha, une ville moyenne du centre de la Chine.
Amoureuse de la Nature depuis son enfance, elle émigre à Pékin
pour travailler quelques années au sein du Secrétariat des Forêts,
intégré dans le Ministère de l’Environnement. Elle
y découvre que la croissance de la demande en bois, en Chine, est une
fois et demie plus rapide que celle du PIB. Le commerce, l’équipement
mais surtout le secteur de la construction (avec une croissance de 20% chaque
année) engloutissent chaque année plus de 300 millions de mètres
cubes et fait de la Chine le 2e importateur mondial de bois derrière
les Etats-Unis. La consommation par habitant ne représente pourtant
qu’un vingtième de la consommation Américaine !
L’amélioration du niveau de vie ainsi que le développement
fulgurant de certaines régions lui font craindre que l’on exploite
de manière irraisonnée les grandes forêts Chinoises, véritable
poumon du pays. En 1998, de larges inondations font plus de 4.000 morts et
18 Millions de sans-abri dans le Bassin du Yunnan. Après enquête,
les autorités s’aperçoivent que cette catastrophe est
due à la déforestation rapide de la région ; les arbres
retenant les eaux de pluies.
Choquée par cette catastrophe, elle change de cap et rejoint l’INBAR,
une ONG qui promeut l’utilisation du Bambou dans le bâtiment.
Dès maintenant, plus de la moitié des grues au monde se trouvent
sur le territoire Chinois et selon certaines estimations, la Chine va construire
plus de 90 Millions d’habitations dans les quinze prochaines années.
Elle met rapidement en place une structure qui, en collaboration avec le WWF,
veut prouver au gouvernement que le bambou est le seul matériau capable
de répondre aux besoins considérables de ce secteur.
En effet, ce matériau léger et très résistant
peut-être cultivé sans engrais et pesticides chimiques de manière
« soutenable », même sur des terrains accidentés,
et est dès maintenant largement disponible dans plus de 18 provinces
Chinoises. En plus de pousser très rapidement en séquestrant
le carbone responsable du changement climatique, il est entièrement
biodégradable (à l’inverse du ciment, des métaux
ou plastiques utilisés aujourd’hui) et permettrait, s’il
était mis en culture à grande échelle, de créer
des milliers d’emplois dans les campagnes. Ainsi assurés d’un
revenu quotidien, les villageois seraient moins tentés d’émigrer
vers les grands centres urbains, apportant un début de réponse
à ce problème préoccupant.
Depuis plus de 4 ans maintenant, Tang s’efforce de convaincre les autorités
d’adopter le bambou et de s’inspirer de l’architecture bioclimatique
(qui utilise l’orientation des maisons, l’isolation ainsi que
les masses d’air à l’intérieur des habitations pour
en diminuer au maximum la consommation énergétique) dans les
constructions rurales. Par des projets d’écoles, d’habitations
ou d’hôtels de luxes entièrement dessinés avec cette
approche, fonctionnant aux énergies renouvelables, et qui verront le
jour d’ici quelques mois dans la province du Yunnan, elle espère
pouvoir convaincre les décideurs qu’à l’avenir développement
peut rimer avec environnement.
Copyright ©
2003-2004-2005
Association " Tour du Monde en 80 Hommes " tous droits réservés.