
(c) Tang Xiaoli

(c) INBAR -WWF
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Du
Bambou dans les maisons Chinoises...
Tang est une activiste passionnée, brûlante à
l’idée de mettre en pratique les grandes idées
du Développement Durable. Elle naît à
Shanghai et suit des études d’ingénieur
électrique à Changsha, une ville moyenne du
centre de la Chine. Amoureuse de la Nature depuis son enfance,
elle émigre à Pékin pour travailler quelques
années au sein du Secrétariat des Forêts,
intégré dans le Ministère de l’Environnement.
Elle y découvre que la croissance de la demande en
bois, en Chine, est une fois et demie plus rapide que celle
du PIB. Le commerce, l’équipement mais surtout
le secteur de la construction (avec une croissance de 20%
chaque année) engloutissent chaque année plus
de 300 millions de mètres cubes et fait de la Chine
le 2e importateur mondial de bois derrière les Etats-Unis.
La consommation par habitant ne représente pourtant
qu’un vingtième de la consommation Américaine
!
L’amélioration du niveau de vie ainsi que le
développement fulgurant de certaines régions
lui font craindre que l’on exploite de manière
irraisonnée les grandes forêts Chinoises, véritable
poumon du pays. En 1998, de larges inondations font plus de
4.000 morts et 18 Millions de sans-abri dans le Bassin du
Yunnan. Après enquête, les autorités s’aperçoivent
que cette catastrophe est due à la déforestation
rapide de la région ; les arbres retenant les eaux
de pluies.
Choquée par cette catastrophe, elle change de cap et
rejoint l’INBAR, une ONG qui promeut l’utilisation
du Bambou dans le bâtiment. Dès maintenant, plus
de la moitié des grues au monde se trouvent sur le
territoire Chinois et selon certaines estimations, la Chine
va construire plus de 90 Millions d’habitations dans
les quinze prochaines années. Elle met rapidement en
place une structure qui, en collaboration avec le WWF, veut
prouver au gouvernement que le bambou est le seul matériau
capable de répondre aux besoins considérables
de ce secteur.
En effet, ce matériau léger et très résistant
peut-être cultivé sans engrais et pesticides
chimiques de manière « soutenable », même
sur des terrains accidentés, et est dès maintenant
largement disponible dans plus de 18 provinces Chinoises.
En plus de pousser très rapidement en séquestrant
le carbone responsable du changement climatique, il est entièrement
biodégradable (à l’inverse du ciment,
des métaux ou plastiques utilisés aujourd’hui)
et permettrait, s’il était mis en culture à
grande échelle, de créer des milliers d’emplois
dans les campagnes. Ainsi assurés d’un revenu
quotidien, les villageois seraient moins tentés d’émigrer
vers les grands centres urbains, apportant un début
de réponse à ce problème préoccupant.
Depuis plus de 4 ans maintenant, Tang s’efforce de convaincre
les autorités d’adopter le bambou et de s’inspirer
de l’architecture bioclimatique (qui utilise l’orientation
des maisons, l’isolation ainsi que les masses d’air
à l’intérieur des habitations pour en
diminuer au maximum la consommation énergétique)
dans les constructions rurales. Par des projets d’écoles,
d’habitations ou d’hôtels de luxes entièrement
dessinés avec cette approche, fonctionnant aux énergies
renouvelables, et qui verront le jour d’ici quelques
mois dans la province du Yunnan, elle espère pouvoir
convaincre les décideurs qu’à l’avenir
développement peut rimer avec environnement.
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